Un 100 miles en Norvège… Paul Ogier

4h du matin, Folldal, petit village Norvégien perdu dans le parc national du Rondane. Le soleil éclaire déjà la ligne de départ devant laquelle nous sommes 200 coureurs prêts à bondir…

C’est mon premier 100miles (160km). Les sourires sont un peu crispés, je me dis que nous sommes un peu fous. Je suis stressé mais la journée s’annonce magique.

J’ai fait la reconnaissance du parcours en 3 jours. C’est essentiel pour moi de visualiser ce que je vivrai en course. Ça m’aide à leurrer mon cerveau pour pouvoir franchir mes limites.

Cette course est sauvage. On est seul, perdu dans de vastes vallées verdoyantes, parfois rocailleuses. C’est une aventure physique et mentale dans un autre monde. Plus qu’une compétition, c’est un face à face avec soi-même.

Je gère bien le départ mais assez vite mes jambes deviennent lourdes. Mon moral joue aux montagnes russes. À l’approche du ravito du 100em km, je me cherche des excuses pour abandonner. C’est trop dur.

Heureusement mes amis sont là. Ils m’encouragent, me rassurent. Je ne peux arrêter, ça serait trop facile. J’ai appris à passer outre ces messages de douleur que m’envoie mon corps. Je chasse les pensées avides de confort et repars. Plus tard, j’apprends que le leader abandonne. Me voilà en tête. J’avance tant bien que mal, fasciné par les paysages. La peur constante de me faire rattraper m’électrise. Un instinct presque animal me pousse.

À 4km, j’entends que la course ne peut plus m’échapper. Soudain mon corps me lâche. Comme si tout ce temps il ne tenait qu’avec l’adrénaline de se savoir chassé. J’ai l’impression que je vais m’évanouir. 4km c’est peu… Pourtant ils m’ont paru terriblement longs.

Je franchis enfin la ligne. Victoire. Je m’effondre sous les coups d’une joie immense.

La présence de mes amis a été primordiale. J’ai partagé tant d’émotions avec eux sur les quelques ravito et à l’arrivée. Je me souviens de chaque seconde en leur compagnie, de leurs visages, de leurs sourires.

Ce fut une aventure à la fois solitaire et humaine. Les moments de partage ont été si puissants. C’est aussi pour cela que j’aime tant ce sport.

Aujourd’hui encore, je me demande comment j’ai fait.

Repartir pour une telle épopée ? Je n’attends que ça.

©iancorless.com

Paul Ogier est un traileur Français atypique. Avide de nature et de grands espaces, il s’est exilé en Norvège. Il a trouvé dans ce pays un terrain de jeu infini qu’il arpente aussi bien avec ses baskets, qu’à vélo ou à encore à ski.

Très calme, il dégage une grande sérénité dans ses propos et son attitude. S’il a touché à beaucoup de sports avant le trail, notamment de l’apnée, il semble avoir beaucoup appris de chacune de ses expériences pour se forger un mental d’acier. Une vraie force pour lui. À Oslo, il vit pleinement sa passion pour le sport et a à cœur de partager ces moments de joies uniques. 

Suivez le sur Instagram pour ne pas manquer ses prochaines aventures et savourer ses stories dépaysantes.

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