Une révélation fortuite… Julien Chorier

À quoi tient une carrière sportive ? À l’invitation d’un collègue pour aller courir un midi, à la blessure d’une partenaire, à une météo favorable… À une somme de petits hasards qui s’accumulent… 

Je pratiquais intensément le cyclisme en compétition. Au mois de Mai, je gagne une cyclosportive au Mont Ventoux après quoi je décide de raccrocher le vélo. Mes priorités changent, je trouve qu’il est trop difficile de concilier ce sport avec la vie de famille et le travail. Durant l’été 2006 j’arrête tout. 

En septembre, mes collègues m’invitent à courir entre midi et deux. Je m’accroche à leur foulée, d’abord un peu réticent. Petit à petit je commence à apprécier, et à prendre du plaisir. La course à pied défoule, maintient en forme et s’intègre parfaitement à mon quotidien. C’est parfait, je n’en demande pas plus. L’émulation nous pousse, et nous nous inscrivons à un relais. Chacun d’entre nous parcourt 20 km. C’est ma première course… J’adore l’ambiance et je suis prêt à renouveler l’expérience.

Une collègue me propose alors de participer à la SaintéLyon en relais… Un beau défi pour le coureur inexpérimenté que je suis. J’accepte volontiers mais voilà qu’elle se blesse. Totalement insouciant, je reporte mon inscription vers la course en solitaire… Ce sont donc 70km nocturnes que je dois affronter, plus du double de ma plus longue distance courue. Je m’entraine ardemment sans savoir ce qui m’attend.

Le jour J arrive. Dans le grand hall du départ où nous patientons par une fraîche nuit de décembre, je me demande bien ce que je fais là. Heureusement, la météo est clémente, le parcours s’annonce plutôt sec. Habitué aux courses de vélo, je pars en trombe… À bloc. Au bout de 20km, les problèmes surgissent. Mes muscles me font souffrir, mes intestins ne comprennent pas ce qui leur arrive, tout mon corps est en alerte. Pourquoi me suis-je lancé dans cette folie ? Je réalise que je n’étais pas du tout prêt, que j’ai été inconscient. J’ai fait vraiment n’importe quoi. Je me concentre et je persiste coûte que coûte. Je termine à une incroyable 7ème place. Jamais je n’aurais imaginé finir si bien classé.

Tout de suite après la course, mon esprit passe outre les douleurs physiques. Je perçois toutes les possibilités qui s’offrent à moi. Les trails, les longues distances…, les grandes aventures… Avec une préparation méticuleuse, je me sens capable de fantastiques épopées. Pour l’heure, je suis cassé de tous les côtés, j’ai des courbatures affreuses… Pourtant, je le sais : Je vais replonger dans la compétition, non plus à vélo, mais en course à pied. 

En 2007, je concrétise ma première saison de trail et je triomphe à la CCC.

Il s’en est fallu de peu pour que cette Saintélyon ne m’écoeure et me détourne fatalement de la course à pied. Mais elle a été le déclencheur de toute ma carrière. 

Finalement, tout ne tient qu’à de tout petits hasards. Ils s’entassent les uns après les autres et forment une montagne sur laquelle nous traçons notre chemin, sans vraiment savoir où nous allons. Aujourd’hui, quand je me retourne pour admirer ce que j’ai gravi et accompli, je me dis qu’ils sont magnifiques ces hasards…

Crédit: Peignée verticale

Pour suivre Julien Chorier, rendez-vous sur son Site, Facebook, Instagram, LinkedIn ou encore Strava.

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